NOTRE DAME DU HAUT - CHAPELLE DE RONCHAMP
un projet pour 2008 //////////////////////////////// LA PORTERIE DE NOTRE-DAME DU HAUT / LA FRATERNITÉ DES CLARISSES

Chapelain de Notre-Dame-du-Haut durant près de 50 ans.

L’Abbé René Bolle-Reddat , a passé 42 ans sur la Colline de Bourlémont, au cours desquelles il a largement contribué à faire connaître Ronchamp dans le monde entier au travers de ce chef-d’œuvre de l’art sacré contemporain qu’est la Chapelle édifiée par Le Corbusier.

Il était né à la Chaux de Gilley, dans le Doubs, le 24 Septembre 1920. Il avait gardé de ses origines paysannes une force et un caractère sans demi-mesure.
Selon le vœu de sa mère, il sera prêtre. Après le séminaire, il est ordonné en 1944. Après deux années de vicariat à Besançon, il est nommé aumônier au lycée Jérôme à Vesoul. Dès son arrivée dans cet établissement les élèves vont découvrir un homme d’exception, proche d’eux, nourri d’une immense culture qu’il leur fait découvrir et partager.

L’Abbé avait suivi l’élaboration de ce qui allait devenir une des plus belles réussites dans le domaine de l’Art Sacré contemporain du vingtième siècle. A la question posée par un journaliste au célèbre couturier et amateur d’art japonais, Issey Mihakey : « Quel est le monument au monde qui vous a créé la plus grande émotion » ?. Il répondit sans hésiter « La Chapelle de le Corbusier à Ronchamp »...

En 1958 René Bolle-Reddat est nommé chapelain. La Chapelle était construite et livrée brute de béton, mais l’environnement ne cadrait plus avec le chef-d’œuvre de Le Corbusier. Aussi, une des priorités du nouveau maître des lieux fut de « mettre en installation » cet édifice, et en cela il sera quelque part un créateur lui aussi, ayant parfaitement réussi à donner à la chapelle sa véritable dimension, et à l’intégrer dans le site. Il commence par nettoyer, défricher les abords, planter des arbustes, faire entourer le lieu. Nombreux sont ceux qui se souviennent de l’avoir vu au travail, soit sur son tracteur, soit la pioche ou la pelle à la main. Puis il s’est occupé de racheter les boutiques qui se trouvaient autour de la chapelle. En 1972 l’Association put acquérir celles-ci qui furent démolies. Le campanile conçu par Jean Prouvé allait pouvoir trouver sa place et les cloches sonner à nouveau.

L’abbé était, non seulement, un homme de grande culture mais aussi un fabuleux orateur qui savait transmettre ses convictions et ses connaissances, quel que soit l’auditoire. Lors des visites celles-ci prenaient une dimension particulière. Ses sermons étaient toujours attendus avec curiosité par les fidèles sachant qu’il ne manquerait pas de lancer quelques phrases provocatrices qui allaient en choquer quelques-uns. C’est vrai que la provocation était un de ses traits dominants. Cela lui aura causé quelques soucis.

Victime d’un grave accident de la route dans les années 80 , il en avait gardé des séquelles importantes qui l’handicapaient lourdement. Puis des ennuis de santé consécutifs, quatre ans avant son décès, allaient conduire à l’ amputation d’une jambe. Il s’est éteint le 14 mars 2000 pour rejoindre ce qu’il appelait « l’inimaginable Paradis ».

Il repose dans le petit cimetière qui se trouve sur la colline.